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Mission de Fritz Poka et Lionel Sopgoui à Ebodjé avec Planète Urgence et financé par Devoteam

Dans les profondeurs de la forêt équatoriale du Sud Cameroun, entre Kribi et Campo (proche de la frontière avec la Guinée Equatoriale), se trouve Ebodjé, un petit village balnéaire de moins de 1000 habitants, ouvert à l’océan Atlantique. C’est là que nous avons effectué notre mission de volontariat organisée par Planète Urgence. Il faut revenir 4 mois en arrière pour trouver l’origine de ce voyage. C’est en Avril 2019 que nous nous présentons au challenge « Humanitech » organisé par l’entreprise Devoteam, par ailleurs parrains de notre promotion 2020 d’ingénieurs à Télécom SudParis. Ce challenge avait pour prix principal le financement d’un voyage solidaire de Planète Urgence. La motivation de deux jeunes étudiants camerounais de Télécom SudParis qui avaient le désir d’aider une association dans leur pays s’est alliée à l’opportunisme d’un projet interpellant. L’association communautaire de recherche et de développement Tubè Awù1 basée à Ebodjé, qui agit dans la protection de la biodiversité marine et la promotion de l’écotourisme, avait besoin d’améliorer sa communication digitale, et ceci par la création d’un site Web. Nous fûmes donc captivés par ce projet et c’est celui que nous avons décidé de défendre dans le cadre de ce challenge. A la finale dans les locaux de Devoteam le 7 Mars 2019, notre équipe nommée IT Students for ecotourism, était heureuse de remporter le premier prix, qui nous ouvrait alors les portes au voyage pour notre future mission Cameroun.

C’est le 25 Août 2019 au soir, après avoir traversé la ville de Kribi, en passant par le nouveau Port en Eau Profonde de Kribi et en admirant la côte Atlantique, puis environ 35km de forêt, que nous arrivons dans ce sublime village Ebodjé, simple par sa nature et par ses habitants. Ici, l’activité principale c’est la pêche (logique, car village côtier) et l’alimentation est faite essentiellement de poissons, fruit de la pêche. Tubè Awù a ici une mission principale qu’est la préservation des tortues marines (dont la présence attire d’ailleurs de nombreux touristes), qui se fait par des patrouilles nocturnes en période de ponte, la lutte contre le braconnage, la sensibilisation etc… Elle s’engage aussi dans le développement communautaire avec ses partenaires par de divers projet locaux et l’éducation des jeunes à la préservation de l’environnement.

Notre mission était, comme prévu, la réalisation du site web de Tubè Awù, que nous avons commencée dès le lendemain matin. A la « Maison de Ndiva2», centre de travail de l’association, nous prenons le pouls des activités de Tubè Awù avec les présentations de Denis (président) , Xavier(SG) et Albert (trésorier). Durant les deux premiers jours, nous avons également eu la chance d’assister à des réunions de Tubè Awù avec un de leurs partenaires qu’est le WWF (World Wild Fund …). Ces réunions nous ont éclairés sur le contexte général dans lequel s’inscrit la préservation d’espèces dans la zone.

La réalisation de ce site Web nécessitait une première étape de collecte d’informations et de création de contenus pour enrichir la plateforme qu’on créera. Ceci s’est fait essentiellement avec les membres de l’association qui nous ont fourni de nombreuses images illustratives de leurs activités. Nous avons également procédé ensemble à la rédaction d’articles et à la récupération de nombreux articles et travaux existants qui représentaient de bonnes sources pour le site. Nous avons également pensé que le site web de Tubè Awù, association la plus importante du village pouvait être une bonne vitrine pour le village. C’est pourquoi avec leur accord, nous avons profité pour consacrer quelques pages de leur site à la présentation du village et ses atouts notamment touristiques, ainsi que l’association communautaire Ebotour, qui gère les logements pour les touristes. Ceci, espérons-nous, donnera de la visibilité au village et permettra de donner un coup de pouce à l’écotourisme.

A Ebodjé, il n’y a pas encore d’électricité courante, Tubè Awù dispose d’un groupe électrogène qui nous a permis de nous alimenter en énergie électrique et de pouvoir travailler. Aussi il s’agit d’une zone reculée où le débit internet est très faible. Ces conditions nous ont imposé des méthodes de travail différentes. Nous avons eu besoin de voyager pour Kribi et Campo pour avoir la connexion internet nécessaire pour l’évolution du travail. A la fin de notre séjour, nous avons réussi à doter l’association d’un site web, et à former un membre de l’association à sa maintenance et mise à jour que nous espérons régulière. Vous pouvez avoir un aperçu de notre réalisation à l’adresse suivante :

Ce serait ôter une partie importante de l’histoire que de ne pas partager l’expérience humaine que nous avons vécue. C’était aussi 2 semaines de découverte et de tranquillité dans un village qui a peu de contacts avec l’extérieur. Nous avons profité de la vue de l’océan à notre porte, fait des visites en pirogue et découvert des rochers atypiques. Le fonctionnement de la vie en communauté nous a également marqués. A titre d’exemple, l’association Ebotour est la propriété de la communauté du village et implique les populations riveraines dans l’activité écotouristique. Une partie de ses revenus sont utilisés pour le les besoins communautaires. Le village est accueillant et la nature nous a fasciné. La préservation des espèces et de l’environnement en général que nous y avons vécue nous rappelé l’enjeu écologique majeur de notre ère. L’environnement est ici le bien le plus précieux et le levier principal pour de développement. Sa préservation est impérative et les populations locales sont de plus en plus conscientes. Le monde ne devrait donc pas traîner le pas et chacun devrait réfléchir à son impact sur l’environnement, car comme un habitant d’Ebodjé nous disait : « Nous avions déjà assez détruit l’environnement, il fallait se corriger et travailler pour sa préservation ».

1 Tubè Awù : « Notre océan » en langue Iyasa

2 Ndiva : « tortue Luth » en langue Iyasa

Auteurs : Fritz et Lionel

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Approche communautaire de conservation des tortues marines sur la côte atlantique Camerounaise

Suite à la chute drastique du nombre de tortue marine dans le monde, l’UICN a classé les
différentes espèces de tortue marine en fonction du niveau de menace et de vulnérabilité de chaque espèce. En conformité avec les dispositions de l’UICN, le Cameroun a classé toutes les espèces de tortue marine dans la catégorie de protection A, c’est-à-dire espèce intégralement protégée. Suite à la signature de nombreuses conventions internationale, le Cameroun s’engage à participer à la conservation des espèces menacées en général et de la tortue marine en particulier. Le projet KUDU Cameroun qui fait partir du programme KUDU, s’articulait autour de l’amélioration des connaissances scientifiques sur les tortues marines, de l’inclusion des populations locales dans le projet et de l’intégration du projet dans le contexte socio-économique. Après avoir recensé les préoccupations vitales de la zone, le projet a introduit plusieurs activités permettant de les résoudre avec pour objectif principal la diminution de la pression exercée sur les tortues marines. Cette approche bien que participative n’a pas atteint l’impact voulu puisque à terme, les populations sont rentrées dans leurs vieilles habitudes étant donné qu’il n’y avait plus de suivi ni de fond pour les compensations. Cependant, les personnes impliquées dans le projet KUDU, grâce aux connaissances acquises durant le projet, ont décidé de se mettre ensemble pour poursuivre les actions initiées. Bien que leurs activités puissent être vu comme une continuité du projet KUDU, quelques différences demeure. En occurrence la zone couverte qui est plus grande, les patrouilles qui sont plus fréquentes, de nouveaux partenariats (RASTOMA, Tropical Forest, Planète Urgence, etc). L’association est ouverte à tous ceux qui veulent s’impliquer dans la conservation des tortues marines. De par le statut d’association, l’organe de gestion, en occurrence le bureau exécutif est voté en assemblée général pour un mandat de deux années renouvelables. C’est ainsi qu’une base de données plus solide est faite par l’association depuis la saison de ponte 2016-2017, où sont enregistrés tous les indices de présence de chaque espèce ; la sensibilisation des jeunes a été initiée grâce aux cours d’éducation environnemental dispensé dans les établissements ; la visibilité du village s’est accentuée par la création d’un site web et le projet de réfection du musée du village ; les noix de coco qui étaient vendu au prix le plus bas sont mieux valorisées, Cette approche permet l’implication des populations locales, donc la valorisation des savoirs locaux. Donc, la présence de l’association communautaire de recherche et de développement Tubé Awù porte de plus en plus de fruit.

Mots clés : approche communautaire, conservation, tortue marine

Auteur : DJOUMESSI NGOUADJIO Marlène

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Contribution à la gestion du futur parc marin de Campo en vue de la protection des tortues marines

Dans le but de contribuer à l’amélioration des connaissances sur les tortues marines et leur habitat sur la zone du futur parc marin de Campo, une étude en collaboration avec l’Association Tube AWU a été menée du 1er février au 31 Juillet 2017. L’objectif était de
circonscrire les zones de prédilection d’alimentation des tortues vertes et imbriquées dans la zone d’étude à travers l’étude de la distribution spatiale des algues d’alimentation constituée en grande partie de Dictyota dichotoma, espèce qui constitue majoritairement le régime alimentaire de la tortue verte. A cet effet, 15 kilomètres ont été parcourus du village Mbodo au village Bekolobe à l’aide d’une embarcation motorisée équipée d’un GPS. De même des transects le long de la zone d’étude ont été réalisés par des plongées afin de prélever les échantillons d’herbiers y compris la collecte de données biométriques de 32 tortues marines donc 29 vertes et 3 imbriquées. Les données relatives à la caractérisation et la cartographie des aires d’alimentation ont été analysées à l’aide des logiciels Google eath et QGIS 2.18.4, suivie des analyses des contenus stomacaux des spécimens de tortues marines prises mortes au filet. Les résultats de l’étude confirment que ces herbiers font partie de l’alimentation des espèces de tortues de la zone et que la majorité de ses individus sont des juvéniles, ce qui renforcerait l’hypothèse que cette zone est une zone de croissance des espèces retrouvées. Les données cartographiques ainsi obtenues ont révélé plusieurs espèces et sites d’alimentation : 17 espèces d’algues reparties en 9 familles ont été identifiées avec une forte dominance de Dictyota dichotoma et la famille des Dictyotaceae ; les zones probables d’alimentation des tortues vertes et imbriquées sont majoritairement concentrées dans la partie Nord de la zone d’étude (Ebodjé Talla). Cette zone est donc l’une des principales zones d’alimentation des tortues. Pour des raisons de conservation de ces espèces, cette zone devrait privilégier des engins de pêche plus sélectifs que les filets maillants (lignes dormantes).

Mots clés : Algues marines, tortues marines, Cartographie, Ecotourisme, Parc marin de Campo

Auteurs : MESSA PAGA Marcel Brice

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Diversité ichtyologique et rentabilité de la pêche artisanale à Campo

Une étude sur l’évaluation de la diversité ichthyologique et la rentabilité de la pêche artisanale dans l’arrondissement de Campo a été menée d’avril à octobre 2015. L’objectif de ce travail  était de Contribuer à l’amélioration des connaissances sur l’état d’exploitation des ressources ichtyologiques de la bande côtière de l’arrondissement de Campo. Sur le terrain, les données ont été obtenues d’une part à travers le suivi quotidien et la quantification des débarquements, et d’autre part à travers un entretien semi structuré de 74 pêcheurs. Au total, 2812 poissons ont été échantillonnés appartenant à 22 familles 36 genres et 44 espèces. Les familles les plus représentées sont celles des Carangidae, des Scianidae, des Lutjanidae et des Pomadasydae avec respectivement 6, 5, 4 et 4 espèces. Tandis que la famille des Squalidae est la moins représentée avec une espèce. Les valeurs des indices de diversité spécifique de Shannon et Weaver décroissent d’amont vers l’aval (de 5,16 à 2,81) montrant ainsi que le milieu est relativement diversifié (plus riche en amont et moins riche en aval). Dans le même ordre d’idée, l’équitabilité J de Piélou décroit d’amont vers l’aval (0,74 à 0,56) témoignant ainsi une légère perturbation des écosystèmes. Les CPUE moyennes sont estimées à 9,7 kg/sortie de pêche. S’agissant de la rentabilité de la pêche,  Le chiffre d’affaire moyen annuel des pêcheurs s’élève à 4 908 063,66 FCFA avec un revenu moyen annuel net de 4 610 584 FCFA.

Mots clés : diversité ichthyologique,  rentabilité de la pêche artisanale, capture par unité d’effort, indice de diversité.

Auteur : Xavier NDJAMO

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