• (+237) 697672014 / 662851794 / 665054884
  • contact@tubeawu.org

Category ArchiveGeneral

Mission de Fritz Poka et Lionel Sopgoui à Ebodjé avec Planète Urgence et financé par Devoteam

Dans les profondeurs de la forêt équatoriale du Sud Cameroun, entre Kribi et Campo (proche de la frontière avec la Guinée Equatoriale), se trouve Ebodjé, un petit village balnéaire de moins de 1000 habitants, ouvert à l’océan Atlantique. C’est là que nous avons effectué notre mission de volontariat organisée par Planète Urgence. Il faut revenir 4 mois en arrière pour trouver l’origine de ce voyage. C’est en Avril 2019 que nous nous présentons au challenge « Humanitech » organisé par l’entreprise Devoteam, par ailleurs parrains de notre promotion 2020 d’ingénieurs à Télécom SudParis. Ce challenge avait pour prix principal le financement d’un voyage solidaire de Planète Urgence. La motivation de deux jeunes étudiants camerounais de Télécom SudParis qui avaient le désir d’aider une association dans leur pays s’est alliée à l’opportunisme d’un projet interpellant. L’association communautaire de recherche et de développement Tubè Awù1 basée à Ebodjé, qui agit dans la protection de la biodiversité marine et la promotion de l’écotourisme, avait besoin d’améliorer sa communication digitale, et ceci par la création d’un site Web. Nous fûmes donc captivés par ce projet et c’est celui que nous avons décidé de défendre dans le cadre de ce challenge. A la finale dans les locaux de Devoteam le 7 Mars 2019, notre équipe nommée IT Students for ecotourism, était heureuse de remporter le premier prix, qui nous ouvrait alors les portes au voyage pour notre future mission Cameroun.

C’est le 25 Août 2019 au soir, après avoir traversé la ville de Kribi, en passant par le nouveau Port en Eau Profonde de Kribi et en admirant la côte Atlantique, puis environ 35km de forêt, que nous arrivons dans ce sublime village Ebodjé, simple par sa nature et par ses habitants. Ici, l’activité principale c’est la pêche (logique, car village côtier) et l’alimentation est faite essentiellement de poissons, fruit de la pêche. Tubè Awù a ici une mission principale qu’est la préservation des tortues marines (dont la présence attire d’ailleurs de nombreux touristes), qui se fait par des patrouilles nocturnes en période de ponte, la lutte contre le braconnage, la sensibilisation etc… Elle s’engage aussi dans le développement communautaire avec ses partenaires par de divers projet locaux et l’éducation des jeunes à la préservation de l’environnement.

Notre mission était, comme prévu, la réalisation du site web de Tubè Awù, que nous avons commencée dès le lendemain matin. A la « Maison de Ndiva2», centre de travail de l’association, nous prenons le pouls des activités de Tubè Awù avec les présentations de Denis (président) , Xavier(SG) et Albert (trésorier). Durant les deux premiers jours, nous avons également eu la chance d’assister à des réunions de Tubè Awù avec un de leurs partenaires qu’est le WWF (World Wild Fund …). Ces réunions nous ont éclairés sur le contexte général dans lequel s’inscrit la préservation d’espèces dans la zone.

La réalisation de ce site Web nécessitait une première étape de collecte d’informations et de création de contenus pour enrichir la plateforme qu’on créera. Ceci s’est fait essentiellement avec les membres de l’association qui nous ont fourni de nombreuses images illustratives de leurs activités. Nous avons également procédé ensemble à la rédaction d’articles et à la récupération de nombreux articles et travaux existants qui représentaient de bonnes sources pour le site. Nous avons également pensé que le site web de Tubè Awù, association la plus importante du village pouvait être une bonne vitrine pour le village. C’est pourquoi avec leur accord, nous avons profité pour consacrer quelques pages de leur site à la présentation du village et ses atouts notamment touristiques, ainsi que l’association communautaire Ebotour, qui gère les logements pour les touristes. Ceci, espérons-nous, donnera de la visibilité au village et permettra de donner un coup de pouce à l’écotourisme.

A Ebodjé, il n’y a pas encore d’électricité courante, Tubè Awù dispose d’un groupe électrogène qui nous a permis de nous alimenter en énergie électrique et de pouvoir travailler. Aussi il s’agit d’une zone reculée où le débit internet est très faible. Ces conditions nous ont imposé des méthodes de travail différentes. Nous avons eu besoin de voyager pour Kribi et Campo pour avoir la connexion internet nécessaire pour l’évolution du travail. A la fin de notre séjour, nous avons réussi à doter l’association d’un site web, et à former un membre de l’association à sa maintenance et mise à jour que nous espérons régulière. Vous pouvez avoir un aperçu de notre réalisation à l’adresse suivante :

Ce serait ôter une partie importante de l’histoire que de ne pas partager l’expérience humaine que nous avons vécue. C’était aussi 2 semaines de découverte et de tranquillité dans un village qui a peu de contacts avec l’extérieur. Nous avons profité de la vue de l’océan à notre porte, fait des visites en pirogue et découvert des rochers atypiques. Le fonctionnement de la vie en communauté nous a également marqués. A titre d’exemple, l’association Ebotour est la propriété de la communauté du village et implique les populations riveraines dans l’activité écotouristique. Une partie de ses revenus sont utilisés pour le les besoins communautaires. Le village est accueillant et la nature nous a fasciné. La préservation des espèces et de l’environnement en général que nous y avons vécue nous rappelé l’enjeu écologique majeur de notre ère. L’environnement est ici le bien le plus précieux et le levier principal pour de développement. Sa préservation est impérative et les populations locales sont de plus en plus conscientes. Le monde ne devrait donc pas traîner le pas et chacun devrait réfléchir à son impact sur l’environnement, car comme un habitant d’Ebodjé nous disait : « Nous avions déjà assez détruit l’environnement, il fallait se corriger et travailler pour sa préservation ».

1 Tubè Awù : « Notre océan » en langue Iyasa

2 Ndiva : « tortue Luth » en langue Iyasa

Auteurs : Fritz et Lionel